lundi 16 janvier 2012
Price, l'offre et la demande!
Depuis que Jaroslav Halak est venu blanchir le CH la semaine dernière (avec bien sûr la complicité de ses coéquipiers des Blues de St.Louis), j’ai vu et entendu toutes sortes de commentaires sur le choix du Canadien d’y aller avec Price plutôt qu’avec le héros des séries il y a deux ans.
Je n’ai pas du tout envie de m’attarder sur les aspects techniques des deux gardiens. Ils sont deux athlètes de qualité qui effectuent du bon boulot pour leur équipe respective. J’aimerais par contre m’arrêter sur l’aspect économique du marché des gardiens avec évidemment Carey Price en tête, lui dont le contrat se terminera au terme de la saison actuelle.
Combien le Canadien devrait-il donner à Carey Price? Le gardien du Canadien fait de l’excellent boulot avec le Tricolore. Mais est-il à ce point supérieur aux autres gardiens qu’il faille lui donner 6 ou 7 millions annuellement? Permettez-moi d’en douter. D’abord, faites le tour de la Ligue nationale et vous constaterez qu’il y au moins une dizaine de gardiens qui sont de la même qualité que Carey Price. La saison dernière, Price a connu une saison du tonnerre et n’a même pas été retenu parmi les finalistes du trophée Vézina. Non pas parce qu’il n’est pas de ce calibre (à mon humble avis, il fait partie de la crême), mais parce que justement, les gardiens de son calibre sont de plus en plus nombreux à travers la Ligue nationale. Les gardiens qui arrivent des rangs juniors, des universités américaines ou de l’Europe ont tous été accompagnés par des entraîneurs spécialisés lors de leur cheminement. Toutes les équipes de la Ligue junior majeure du Québec ont un entraîneur des gardiens, ce qui n’était pas le cas auparavant. Le circuit Courteau a été une des premières ligues à s’attarder à ses gardiens de la sorte. C’est pourquoi ils ont été si populaires il y a une dizaines d’années. S'ils le sont moins maintenent, c'est pas en raison d'une baisse de qualité mais bien parce qu'ils ne sont plus seuls: l’Ontario et l’Ouest ont suivi de sorte que eux aussi forment de bons gardiens.
Compte tenu de l’abondance de talent devant le filet, est-il justifié de payer un gardien le gros prix? Sur le plan strictement économique, la réponse est non, peu importe son identité et peu importe qu’il soit le meilleur ou non. La différence entre le meilleur gardien de la Ligue et le 30e n’est pas assez grande pour justifier un salaire d’un défenseur comme Shea Weber, par exemple. Les Red Wings de Detroit l’ont très bien compris. Dans le hockey d’aujourd’hui, ce sont les équipes qui font le gardien et non le contraire. J’ai entendu l’argument du Lightning de Tampa Bay cette saison. Je répondrai par une question : avez-vous vu qui sont les défenseurs du Lightning? Quant à Patrick Roy, il a joué à une époque où justement, la différence entre lui et les autres pouvaient justifier qu’il soit payé comme une superstar.
Bref, le Canadien serait très mal avisé de payer Carey Price le prix d’un Shea Weber. Un Martin Biron par exemple (et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres!) serait un meilleur investissement qualité-prix et l’argent économisé pourrait servir à aller chercher justement, un joueur de qualité qui rendrait l’équipe (et son gardien) meilleure.
Le CH: on respire par le nez
Un peu de recul ne fait jamais de mal lorsqu’on veut évaluer une situation. Compte tenu du marché dans lequel évolue le Canadien, ce n’est pas une tâche facile pour qui que ce soit, les journalistes, les partisans, la direction, etc. La première chose qu’il faut par contre comprendre quand vient le temps d’analyser une équipe sportive, c’est qu’il n’y a aucune certitude et que le hasard et la chance font partie du jeu. Sinon, la meilleure équipe serait assurée de gagner tous ses matchs. Cette incertitude nourrit d’ailleurs les espoirs des partisans, peu importe leur allégeance.
Ceci étant établi, je veux m’attarder sur le rendement du Canadien depuis le début de la saison. Je l’ai déjà écrit sur ce blogue dans le passé et je vais le répéter : la meilleure façon d’évaluer la force d’une équipe, c’est de regarder sa fiche lors de matchs où les écarts sont grands (dans ce cas-ci, trois buts et plus). Je n’ai rien inventé puisque Bill James l’avait déjà démontré dans ses études statistiques sur le baseball, études que j’ai d’ailleurs adapté et qui se sont également avérées pour la Ligue nationale. Par le fait même, James avait aussi prouvé que les matchs qui se terminaient par la marge d’un point pouvaient être trompeurs puisque le facteur chance devient alors un facteur plus important sur le résultat. Là aussi, j’ai pu constater la même chose au hockey (je vous invite à voir un autre texte du blogue pour les détails des études effectuées).
Depuis le début de la saison, si on regarde le Canadien à cet effet, l’équipe se classe parmi les dix premières dans la Ligue nationale, sûrement au grand étonnement de plusieurs! Mais dans les matchs se terminant par une marge d’un but, le Tricolore est lamentable. Quand Geoff Molson mentionnait il y a quelques semaines que son équipe était dans le coup dans la grande majorité des matchs et qu’elle avait été malchanceuse, il avait raison sur toute la ligne. Et cela n’a rien à voir avec les blessures. Ce que je dis, c’est que de la façon dont le Canadien a joué depuis le début de la saison, il devrait être plus haut au classement. L’an dernier, le Canadien avait profité de Dame Chance. Cette année jusqu’ici, c’est le contraire.
Actuellement, de façon logique, le Canadien devrait devancer Buffalo et Winnipeg et être tout près d’Ottawa. New Jersey aura probablement de la difficulté à soutenir ce rythme. Je dis probablement car c’est de cela dont il s’agit, de probabilités! Si j’étais parieur, c’est dans ce sens que j’irais, mais comme mentionné au début de ce texte, la beauté du sport réside dans l’incertitude entourant le dénouement final d’un match!
Inscription à :
Commentaires (Atom)
