J’ai été peiné et surpris d’apprendre le décès de Woodie Fryman vendredi à l’âge de 70 ans. J’avais eu l’occasion de m’entretenir avec lui il y a quelques années à peine dans le cadre de me recherche sur mon livre traitant des Expos de 1977 à 1984, « L’époque glorieuse des Expos ».
Woodie Fryman était mon lanceur favori au milieu des années 1970. Je me souviens des interminables discussions que j’avais avec mon cousin qui lui, défendais les qualités de Steve Rogers. L’avenir devait lui donner raison mais à l’époque, soit en 1975 et 1976, Fryman avait la cote des amateurs. Il a presque toujours bénéficié de l’appui des amateurs en raison de son professionnalisme et de son tempérament très terre à terre. David Palmer m’a d’ailleurs indiqué que c’est Fryman qui lui a appris comment se comporter en véritable athlète professionnel. « Tu peux t’amuser, mais auparavant, assure-toi d’avoir fait ton travail de préparation convenablement », lui rappelait Fryman. D’ailleurs, Palmer, Fryman et Ray Burris étaient tout simplement inséparables lorsqu’ils se sont retrouvés avec les Expos.
À son arrivée à Montréal en 1975, Fryman s’est rapidement fait des amis, réalisant trois blanchissages de suite dans les premières semaines de la saison, dont deux contre les redoutables Pirates de Pittsburgh. En 1976, il a récolté 13 victoires avec une équipe qui devait en perdre plus de 100 dans ce qui a probablement été l’édition le plus pathétique de l’histoire des Expos. Son transfert à Cincinnati n’a toutefois pas eu l’effet attendu. Il se rapprochait certes de son domicile du Kentucky (seule une rivière sépare Cincinnati de l’état du Kentucky). Mais Fryman n’était pas à l’aise avec l’atmosphère qui prévalait chez les Reds. Après avoir été muté dans l’enclos des releveurs, il avait exigé une transaction, menaçant de retourner chez lui si son vœu n’était pas exaucé. Sparky Anderson, le gérant des Reds, lui avait alors dit qu’il ne tournerait pas le dos à un aussi bon salaire. Fryman lui a alors rétorqué : « Je n’ai jamais eu beaucoup d’argent et je n’en ai pas besoin davantage. » Donnant suite à ses menaces, Fryman était retourné chez lui. Les Reds l’avaient pas la suite échangé aux Cubs, avec lesquels il n’aura passé que quelques mois avant son retour avec les Expos en 1978. En 1980, Fryman s’est élevé au rang de releveur numéro de l’équipe, connaissant une séquence exceptionnelle en mai et juin, n’accordant aucun point et seulement sept coups sûrs en 23 manches, réparties en 13 présences, incluant trois présences de plus de trois manches! Aujourd’hui, les releveurs numéro un lancent rarement plus d’une manche. Je me souviendrai toute ma vie de ce fameux samedi après-midi à Philadelphie, quand Woodie Fryman a surpris Lonnie Smith au coin extérieur pour clore un match crucial contre les Phillies lors de l'avant-dernier week-end de la saison 1980! La semaine suivante, il devait accorder un simple à Bob Boone au Stade olympique, qui créait l'égalité après deux retraits en neuvième. En entrevue, Fryman ne s'est jamais défilé, racontant que son tir était beaucoup trop invitant! Mike Schmidt devait éliminer les Expos quelques manches plus tard.
Que sa carrière ait pris fin en 1983 n’a rien de surprenant quand on tient compte du fait que la saison précédente, il a dû se réchauffer à outrance dans l’enclos, beaucoup plus qu’à la normale en raison du climat d’insécurité entourant le groupe de releveurs. Et comme il souffrait d’arthrite chronique, qu’il ait lancé jusqu’à l’âge de 43 ans tient du prodige.
Merci Woodie, d’avoir fait partie d’une partie de mon adolescence et aussi, d’une équipe qui nous a fait tous vibrer, nous, amateurs de baseball des années 1970 et 1980!
lundi 7 février 2011
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