À la veille du début des séries, il est de bon aloi d’y aller de prédictions. Il peut être utile avant de s’avancer dans une telle aventure d’évaluer les forces en présence. On peut procéder de façon analytique pour évaluer une équipe. Une étude statistique peut aussi contribuer grandement à cette analyse.
Depuis quelques années, j’ai constaté que la fiche d’une équipe lors des matchs qui se terminent par des marges de trois buts et plus est extrêmement révélateur quant à la force d’une formation. Les statistiques de corrélation sont d’ailleurs révélatrices égard.
Les matchs serrés sont plus susceptibles d’être déterminés par des facteurs incontrôlables, ce qui n’est pas le cas lors des matchs à grands écarts.
Ceci étant établi, je me suis arrêté d’abord sur le cas du Canadien et des Bruins. Parmi toutes les équipes en séries, le Canadien est dernier dans l’Est dans les matchs se terminant par trois buts ou plus (13-17) tandis que les Bruins (20-7) sont premiers dans l’Est. Seuls les Ducks d’Anaheim sont pires que le Canadien alors que les Bruins ne sont devancés que par Vancouver. En fait, l’écart entre les Bruins et le Canadien est le plus grand parmi toutes les confrontations de la première ronde des séries! De prétendre que le Canadien est dans le trouble il n’y a qu’un pas… que je vais franchir!
Vancouver a terminé premier au classement dans le circuit, une position confirmée par la meilleure fiche dans les matchs à grands écarts. Par contre, les Canucks affronteront les Blackhawks de Chicago. Ces derniers ont non seulement remporté la Coupe Stanley l’an dernier, ils ont aussi éliminé les Canucks au cours des deux dernières campagnes. Certains diront que les Blackhawks se sont qualifiés par défaut. Sauf que leur fiche globale est fort trompeuse. Dans les matchs à grands écarts, Chicago a obtenu le troisième meilleur dossier de toute la Ligue nationale, derrière Vancouver et Boston. De ce fait, la série Vancouver-Chicago est de loin la plus relevée en première ronde.
Autre série relevée : Washington-Rangers. Les Capitals ont devancé les Rangers au classement. Sauf que les New-Yorkais ont eu un meilleur dossier que les Caps dans les matchs se terminant avec des marges de trois buts et plus. Le danger guette les Capitals ici!
Quelles sont les séries les plus inégales? Montréal-Boston, suivi de Nashville-Anaheim, en faveur des Prédateurs. La série les plus serrée? Detroit-Phoenix, qui est aussi le moins relevée des séries de première ronde, les Wings ayant été incapables de jouer pour ,500 dans les matchs significatifs.
Voici un tableau de chacune des séries avec leurs dossiers dans les matchs à grands écarts.
MTL 13 17 0,433
BOS 20 7 0,741
PHI 20 10 0,667
BUF 10 10 0,500
WSH 14 8 0,636
NYR 16 8 0,667
T.B 12 14 0,462
PIT 18 11 0,621
CHI 17 7 0,708
VAN 20 6 0,769
NSH 19 10 0,655
ANA 11 16 0,407
S.J 16 10 0,615
L.A 12 9 0,571
DET 12 13 0,480
PHX 12 12 0,500
mercredi 13 avril 2011
lundi 7 février 2011
Salut Woodie Fryman!
J’ai été peiné et surpris d’apprendre le décès de Woodie Fryman vendredi à l’âge de 70 ans. J’avais eu l’occasion de m’entretenir avec lui il y a quelques années à peine dans le cadre de me recherche sur mon livre traitant des Expos de 1977 à 1984, « L’époque glorieuse des Expos ».
Woodie Fryman était mon lanceur favori au milieu des années 1970. Je me souviens des interminables discussions que j’avais avec mon cousin qui lui, défendais les qualités de Steve Rogers. L’avenir devait lui donner raison mais à l’époque, soit en 1975 et 1976, Fryman avait la cote des amateurs. Il a presque toujours bénéficié de l’appui des amateurs en raison de son professionnalisme et de son tempérament très terre à terre. David Palmer m’a d’ailleurs indiqué que c’est Fryman qui lui a appris comment se comporter en véritable athlète professionnel. « Tu peux t’amuser, mais auparavant, assure-toi d’avoir fait ton travail de préparation convenablement », lui rappelait Fryman. D’ailleurs, Palmer, Fryman et Ray Burris étaient tout simplement inséparables lorsqu’ils se sont retrouvés avec les Expos.
À son arrivée à Montréal en 1975, Fryman s’est rapidement fait des amis, réalisant trois blanchissages de suite dans les premières semaines de la saison, dont deux contre les redoutables Pirates de Pittsburgh. En 1976, il a récolté 13 victoires avec une équipe qui devait en perdre plus de 100 dans ce qui a probablement été l’édition le plus pathétique de l’histoire des Expos. Son transfert à Cincinnati n’a toutefois pas eu l’effet attendu. Il se rapprochait certes de son domicile du Kentucky (seule une rivière sépare Cincinnati de l’état du Kentucky). Mais Fryman n’était pas à l’aise avec l’atmosphère qui prévalait chez les Reds. Après avoir été muté dans l’enclos des releveurs, il avait exigé une transaction, menaçant de retourner chez lui si son vœu n’était pas exaucé. Sparky Anderson, le gérant des Reds, lui avait alors dit qu’il ne tournerait pas le dos à un aussi bon salaire. Fryman lui a alors rétorqué : « Je n’ai jamais eu beaucoup d’argent et je n’en ai pas besoin davantage. » Donnant suite à ses menaces, Fryman était retourné chez lui. Les Reds l’avaient pas la suite échangé aux Cubs, avec lesquels il n’aura passé que quelques mois avant son retour avec les Expos en 1978. En 1980, Fryman s’est élevé au rang de releveur numéro de l’équipe, connaissant une séquence exceptionnelle en mai et juin, n’accordant aucun point et seulement sept coups sûrs en 23 manches, réparties en 13 présences, incluant trois présences de plus de trois manches! Aujourd’hui, les releveurs numéro un lancent rarement plus d’une manche. Je me souviendrai toute ma vie de ce fameux samedi après-midi à Philadelphie, quand Woodie Fryman a surpris Lonnie Smith au coin extérieur pour clore un match crucial contre les Phillies lors de l'avant-dernier week-end de la saison 1980! La semaine suivante, il devait accorder un simple à Bob Boone au Stade olympique, qui créait l'égalité après deux retraits en neuvième. En entrevue, Fryman ne s'est jamais défilé, racontant que son tir était beaucoup trop invitant! Mike Schmidt devait éliminer les Expos quelques manches plus tard.
Que sa carrière ait pris fin en 1983 n’a rien de surprenant quand on tient compte du fait que la saison précédente, il a dû se réchauffer à outrance dans l’enclos, beaucoup plus qu’à la normale en raison du climat d’insécurité entourant le groupe de releveurs. Et comme il souffrait d’arthrite chronique, qu’il ait lancé jusqu’à l’âge de 43 ans tient du prodige.
Merci Woodie, d’avoir fait partie d’une partie de mon adolescence et aussi, d’une équipe qui nous a fait tous vibrer, nous, amateurs de baseball des années 1970 et 1980!
Woodie Fryman était mon lanceur favori au milieu des années 1970. Je me souviens des interminables discussions que j’avais avec mon cousin qui lui, défendais les qualités de Steve Rogers. L’avenir devait lui donner raison mais à l’époque, soit en 1975 et 1976, Fryman avait la cote des amateurs. Il a presque toujours bénéficié de l’appui des amateurs en raison de son professionnalisme et de son tempérament très terre à terre. David Palmer m’a d’ailleurs indiqué que c’est Fryman qui lui a appris comment se comporter en véritable athlète professionnel. « Tu peux t’amuser, mais auparavant, assure-toi d’avoir fait ton travail de préparation convenablement », lui rappelait Fryman. D’ailleurs, Palmer, Fryman et Ray Burris étaient tout simplement inséparables lorsqu’ils se sont retrouvés avec les Expos.
À son arrivée à Montréal en 1975, Fryman s’est rapidement fait des amis, réalisant trois blanchissages de suite dans les premières semaines de la saison, dont deux contre les redoutables Pirates de Pittsburgh. En 1976, il a récolté 13 victoires avec une équipe qui devait en perdre plus de 100 dans ce qui a probablement été l’édition le plus pathétique de l’histoire des Expos. Son transfert à Cincinnati n’a toutefois pas eu l’effet attendu. Il se rapprochait certes de son domicile du Kentucky (seule une rivière sépare Cincinnati de l’état du Kentucky). Mais Fryman n’était pas à l’aise avec l’atmosphère qui prévalait chez les Reds. Après avoir été muté dans l’enclos des releveurs, il avait exigé une transaction, menaçant de retourner chez lui si son vœu n’était pas exaucé. Sparky Anderson, le gérant des Reds, lui avait alors dit qu’il ne tournerait pas le dos à un aussi bon salaire. Fryman lui a alors rétorqué : « Je n’ai jamais eu beaucoup d’argent et je n’en ai pas besoin davantage. » Donnant suite à ses menaces, Fryman était retourné chez lui. Les Reds l’avaient pas la suite échangé aux Cubs, avec lesquels il n’aura passé que quelques mois avant son retour avec les Expos en 1978. En 1980, Fryman s’est élevé au rang de releveur numéro de l’équipe, connaissant une séquence exceptionnelle en mai et juin, n’accordant aucun point et seulement sept coups sûrs en 23 manches, réparties en 13 présences, incluant trois présences de plus de trois manches! Aujourd’hui, les releveurs numéro un lancent rarement plus d’une manche. Je me souviendrai toute ma vie de ce fameux samedi après-midi à Philadelphie, quand Woodie Fryman a surpris Lonnie Smith au coin extérieur pour clore un match crucial contre les Phillies lors de l'avant-dernier week-end de la saison 1980! La semaine suivante, il devait accorder un simple à Bob Boone au Stade olympique, qui créait l'égalité après deux retraits en neuvième. En entrevue, Fryman ne s'est jamais défilé, racontant que son tir était beaucoup trop invitant! Mike Schmidt devait éliminer les Expos quelques manches plus tard.
Que sa carrière ait pris fin en 1983 n’a rien de surprenant quand on tient compte du fait que la saison précédente, il a dû se réchauffer à outrance dans l’enclos, beaucoup plus qu’à la normale en raison du climat d’insécurité entourant le groupe de releveurs. Et comme il souffrait d’arthrite chronique, qu’il ait lancé jusqu’à l’âge de 43 ans tient du prodige.
Merci Woodie, d’avoir fait partie d’une partie de mon adolescence et aussi, d’une équipe qui nous a fait tous vibrer, nous, amateurs de baseball des années 1970 et 1980!
jeudi 2 décembre 2010
FINANCEMENT DU COLISÉE
Faut-il ou non financer un nouvel amphithéâtre qui favoriserait le retour d’une équipe de la Ligue nationale de hockey à Québec? Ce débat est loin d’être terminé. Ne le sera-t-il d’ailleurs jamais, compte tenu de la passion qui entoure les débats sur la question?
Plusieurs opinions des deux côtés ont été émises au cours des derniers mois. Mais j’aimerais m’arrêter sur une question fort pertinente posée par mon collègue Stéphane Langdeau de RDS : « Pourquoi le privé n’injecte-t-il pas d’argent? » Il y a d’abord une question d’habitude. Depuis plusieurs années, voire quelques décennies, les autorités gouvernementales, à tous les niveaux, se mettent à genoux devant les organisations sportives afin de s’assurer de les conserver ou les attirer. Il y a donc une culture qui fait pratiquement partie des mœurs quand vient le temps de discuter de l’avenir d’une concession sportive. C’est devenu la norme que l’argent public serve à financer en grandes parties ces amphithéâtres sportifs. La perte potentielle d’une concession a fait fléchir plus d’un politicien. Compte tenu du prix à payer en cas de départ d’une équipe, nos leaders ont plus souvent qu’autrement céder devant les menaces de déménagement. C’est particulièrement vrai aux États-Unis. Ce modèle de financement est devenu une condition sine qua non aux yeux des propriétaires d’équipes.
Compte tenu de ce contexte, les dirigeants de formations professionnelles ont bien avantage à se tourner d’abord et avant tout vers les pouvoirs publics, surtout que ces derniers se sont montrés pour le moins généreux au cours des années. Mais est-ce une façon de faire qui vraiment bénéficie aux propriétaires? Pas si certain! Il y a plusieurs exemples qui démontrent que lorsque qu’une équipe est en parfait contrôle de l’édifice dans laquelle elle évolue, i.e. qu’elle en est le propriétaire, elle peut agir à sa guise sans rendre de comptes à qui que ce soit et maximiser son investissement. C’est le cas du Canadien et aussi des Leafs de Toronto. Ce fut le cas des Dodgers de Los Angeles, qui ont bâti leur propre stade. Au fil des ans, j’ai assisté à plusieurs congrès de la Society for American Baseball Research (SABR), événement où on discute de statistiques bien sûr, mais aussi beaucoup d’économie (et de bien d’autres sujets, puis-je ajouter!) Il est clair selon toutes les analyses que les équipes ont intérêt à avoir le parfait contrôle de l’endroit où ils évoluent. N’étant pas économiste de formation, je vous ferai grâce des détails à cet égard mais les conclusions des spécialistes pointent tous dans la même direction.
Quant à la pertinence d’injecter de l’argent public dans de telles aventures, là aussi les économistes s’accordent : une équipe sportive n’a peu ou pas d’impact sur l’économie locale! Claude Picher dans La Presse l’a d’ailleurs souligné à nouveau cette semaine. Andrew Zimbalist, un économiste réputé et spécialisé dans le baseball, va dans le même sens. Par contre, Zimbalist est d’avis qu’une communauté peut décider collectivement de se donner les moyens de se doter d’une infrastructure qu’elle considère essentielle au bien-être collectif, ce qui correspond en tous points à la fièvre qui entoure la ville de québec.
Qu’arrivera-t-il maintenant si Ottawa dit non? Je ne crois pas que cela change d’un iota la dynamique actuelle. Pourquoi? Parce que l’éventuel propriétaire, quel qu’il soit, est déjà assuré d’une subvention de $200 millions!! Il n'aura aucun problème à combler le reste. D'ailleurs, qui cracherait sur $200 millions, sachant que les retombées lui reviendront???
Plusieurs opinions des deux côtés ont été émises au cours des derniers mois. Mais j’aimerais m’arrêter sur une question fort pertinente posée par mon collègue Stéphane Langdeau de RDS : « Pourquoi le privé n’injecte-t-il pas d’argent? » Il y a d’abord une question d’habitude. Depuis plusieurs années, voire quelques décennies, les autorités gouvernementales, à tous les niveaux, se mettent à genoux devant les organisations sportives afin de s’assurer de les conserver ou les attirer. Il y a donc une culture qui fait pratiquement partie des mœurs quand vient le temps de discuter de l’avenir d’une concession sportive. C’est devenu la norme que l’argent public serve à financer en grandes parties ces amphithéâtres sportifs. La perte potentielle d’une concession a fait fléchir plus d’un politicien. Compte tenu du prix à payer en cas de départ d’une équipe, nos leaders ont plus souvent qu’autrement céder devant les menaces de déménagement. C’est particulièrement vrai aux États-Unis. Ce modèle de financement est devenu une condition sine qua non aux yeux des propriétaires d’équipes.
Compte tenu de ce contexte, les dirigeants de formations professionnelles ont bien avantage à se tourner d’abord et avant tout vers les pouvoirs publics, surtout que ces derniers se sont montrés pour le moins généreux au cours des années. Mais est-ce une façon de faire qui vraiment bénéficie aux propriétaires? Pas si certain! Il y a plusieurs exemples qui démontrent que lorsque qu’une équipe est en parfait contrôle de l’édifice dans laquelle elle évolue, i.e. qu’elle en est le propriétaire, elle peut agir à sa guise sans rendre de comptes à qui que ce soit et maximiser son investissement. C’est le cas du Canadien et aussi des Leafs de Toronto. Ce fut le cas des Dodgers de Los Angeles, qui ont bâti leur propre stade. Au fil des ans, j’ai assisté à plusieurs congrès de la Society for American Baseball Research (SABR), événement où on discute de statistiques bien sûr, mais aussi beaucoup d’économie (et de bien d’autres sujets, puis-je ajouter!) Il est clair selon toutes les analyses que les équipes ont intérêt à avoir le parfait contrôle de l’endroit où ils évoluent. N’étant pas économiste de formation, je vous ferai grâce des détails à cet égard mais les conclusions des spécialistes pointent tous dans la même direction.
Quant à la pertinence d’injecter de l’argent public dans de telles aventures, là aussi les économistes s’accordent : une équipe sportive n’a peu ou pas d’impact sur l’économie locale! Claude Picher dans La Presse l’a d’ailleurs souligné à nouveau cette semaine. Andrew Zimbalist, un économiste réputé et spécialisé dans le baseball, va dans le même sens. Par contre, Zimbalist est d’avis qu’une communauté peut décider collectivement de se donner les moyens de se doter d’une infrastructure qu’elle considère essentielle au bien-être collectif, ce qui correspond en tous points à la fièvre qui entoure la ville de québec.
Qu’arrivera-t-il maintenant si Ottawa dit non? Je ne crois pas que cela change d’un iota la dynamique actuelle. Pourquoi? Parce que l’éventuel propriétaire, quel qu’il soit, est déjà assuré d’une subvention de $200 millions!! Il n'aura aucun problème à combler le reste. D'ailleurs, qui cracherait sur $200 millions, sachant que les retombées lui reviendront???
samedi 27 novembre 2010
DOIT-ON GARDER MARKOV?
De façon surprenante, le Canadien se débrouille pas trop mal sans Andrei Markov. Il faut toutefois reconnaître que la brigade défensive, une des meilleures dans l’Association Est depuis deux ans, avait trouvé le moyen de s’améliorer. P.K. Subban est venu s’ajouter, comblant en bonne partie la perte de Markov. De plus, Alexandre Picard est beaucoup plus fiable que ne pouvait l’être Ryan O’Byrne. On n’a pas remplacé Marc-André Bergeron direz-vous? Bergeron était unidimensionnel. Je sais qu’on parle beaucoup de l’importance des avantages numériques mais il demeure que c’est à 5 contre 5 qu’on différencie les bonnes équipes des mauvaises. J’y reviendrai avec une autre étude de corrélation démontrant cet énoncé. Mais revenons plutôt à Markov.
Le défenseur russe vient de se blesser sérieusement à un genou une deuxième fois en moins d’un an. Son contrat vient à échéance à la fin de la saison. Est-ce trop risqué de lui offrir un contrat de plusieurs saisons? Plusieurs facteurs doivent entrer en ligne de compte, incluant l’intérêt du joueur lui-même. Sur ce dernier point, je ne suis pas très inquiet. Markov a acquis la citoyenneté canadienne et il semble être devenu confortable dans l’environnement montréalais. Qu’en est-il de son apport à l’équipe? Est-il diminué? Son âge est-il un facteur?
Selon moi, Markov demeure le meilleur joueur du Canadien. Il est le général à la ligne bleue depuis plusieurs saisons. Est-il à risque? Il le sera s’il ne prend pas la peine cette fois de prendre soin, mais vraiment soin de son genou. Est-il sur le déclin? Je serais inquiet si la force de Markov résidait dans son coup de patin (comme Brian Campbell ou Scott Niedermayer par exemple). Mais justement, Markov, s’il est très mobile, est davantage reconnu pour sa vision du jeu. Très peu de défenseurs de la Ligue nationale sont à son niveau. Markov a appris à connaître les autres joueurs du circuit et est toujours très bien positionné sur la glace. Nicklas Lidstrom est la meilleure comparaison que l’on puisse faire avec Markov. Et Lidstrom, à 40 ans, est le meilleur du circuit cette saison. Comme l’a décrit mon collègue Mathias Brunet cette semaine, les défenseurs peuvent jouer jusqu’à un âge avancé parce que l’expérience est primordial à cette position. Deux cas extrême : Chris Chelios et Tommy Jakobsen. Pour les intéressés, Jakobsen était le capitaine de l’équipe norvégienne aux derniers Jeux olympiques, un défenseur de petite taille qui aura 40 ans en décembre. Il était toujours sur la glace parce qu’il était le meilleur de son équipe, même à 40 ans!
Markov à 6 millions par année? Ce serait une aubaine!!!
Le défenseur russe vient de se blesser sérieusement à un genou une deuxième fois en moins d’un an. Son contrat vient à échéance à la fin de la saison. Est-ce trop risqué de lui offrir un contrat de plusieurs saisons? Plusieurs facteurs doivent entrer en ligne de compte, incluant l’intérêt du joueur lui-même. Sur ce dernier point, je ne suis pas très inquiet. Markov a acquis la citoyenneté canadienne et il semble être devenu confortable dans l’environnement montréalais. Qu’en est-il de son apport à l’équipe? Est-il diminué? Son âge est-il un facteur?
Selon moi, Markov demeure le meilleur joueur du Canadien. Il est le général à la ligne bleue depuis plusieurs saisons. Est-il à risque? Il le sera s’il ne prend pas la peine cette fois de prendre soin, mais vraiment soin de son genou. Est-il sur le déclin? Je serais inquiet si la force de Markov résidait dans son coup de patin (comme Brian Campbell ou Scott Niedermayer par exemple). Mais justement, Markov, s’il est très mobile, est davantage reconnu pour sa vision du jeu. Très peu de défenseurs de la Ligue nationale sont à son niveau. Markov a appris à connaître les autres joueurs du circuit et est toujours très bien positionné sur la glace. Nicklas Lidstrom est la meilleure comparaison que l’on puisse faire avec Markov. Et Lidstrom, à 40 ans, est le meilleur du circuit cette saison. Comme l’a décrit mon collègue Mathias Brunet cette semaine, les défenseurs peuvent jouer jusqu’à un âge avancé parce que l’expérience est primordial à cette position. Deux cas extrême : Chris Chelios et Tommy Jakobsen. Pour les intéressés, Jakobsen était le capitaine de l’équipe norvégienne aux derniers Jeux olympiques, un défenseur de petite taille qui aura 40 ans en décembre. Il était toujours sur la glace parce qu’il était le meilleur de son équipe, même à 40 ans!
Markov à 6 millions par année? Ce serait une aubaine!!!
jeudi 9 septembre 2010
Prédictions 2010-2011
Ca fait un petit bout de temps que je n’ai pas écrit sur mon blogue! C’est donc le temps de me mouiller alors que s’approchent à grands pas les camps d’entraînement des équipes de la Ligue nationale de hockey. Allons-y d’abord avec quelques prédictions, fidèle à des théories sur lesquelles j’ai élaborées ici l’automne dernier. Voici donc les cinq équipes les plus susceptibles de descendre au classement (si ce n’est pas déjà fait) :
1.- Ottawa 2.- Nashville 3.- Minnesota 4.- Edmonton 5.- Phoenix.
Qu’est-ce qui justifie ces choix? Leur fiche dans les matchs serrés est inversement proportionnelle à leur rendement habituel. Les Sénateurs sont l’exemple le plus frappant. Ils ont un dossier de 20 victoires et 11 défaites dans les rencontres se terminant par un but. Seuls les Coyotes ont fait mieux en terme de pourcentage. Par contre, Ottawa montre une fiche de 10 gains et 22 revers dans les rencontres se terminant avec une marge de trois buts ou plus. « Les matchs se terminant par un but sont une preuve de ténacité et de caractère » répète-t-on. Rien de plus faux. Depuis trois ans, j’ai fait l’étude de corrélation sur la fiche globale d’une équipe et son rendement dans les matchs serrés et à sens unique. Le résultat est le même à chaque année : une corrélation d’environ 0,8 pour les matchs à haute marge (un corrélation de 1,0 démontre un lien parfait entre deux statistiques) alors que celle-ci n’est que de 0,6 pour les matchs serrés. Il est clair que les Sénateurs ont été extrêmement chanceux l’an passé!! Il est peu probable que Dame Chance puisse lui rendre le même service deux années de suite, en tout cas pas au même point!!
Maintenant, quelles sont les équipes qui ont les plus grandes probabilités de hisser leur position ou de se maintenir? 1.- Washington 2.- NY Rangers 3.- Chicago 4.- Vancouver 5.- Buffalo. Si Glen Sather avait compris que son équipe avait seulement joué de malchance, il n’aurait pas tenté de tout chambarder : un dossier de 18 victoires et 11 défaites dans les matchs à sens unique, 13-22 dans les rencontres à marge d’un but. Les Caps devraient se remettre assez facilement de leur élimination contre le Canadien. Puisqu’il est question du Tricolore, il n’a pas démontré de tendance l’an passé de sorte que le hasard pourrait le porter d’un côté comme de l’autre. Il a joué pour ,500 dans les matchs à marges de trois buts et plus. C’est toutefois l’équipe qui a disputé le plus de rencontres serrées (à marge d’un but), soit 44. En laissant trop de place au hasard, le Canadien laisse malheureusement son sort à un facteur sur lequel il a peu de contrôle! Certains parleront de l’importance de Halak l’an passé dans ces matchs. Vrai! Mais justement, s’il était le seul facteur, le CH n’aurait pas perdu 24 de ces 44 matchs!! Je me souviens trop bien de ce que Guy Carbonneau disait en amorçant les fusillades : « C’est comme jouer à pile ou face! » Et à ce jeu, il n’y a aucune garantie!!
1.- Ottawa 2.- Nashville 3.- Minnesota 4.- Edmonton 5.- Phoenix.
Qu’est-ce qui justifie ces choix? Leur fiche dans les matchs serrés est inversement proportionnelle à leur rendement habituel. Les Sénateurs sont l’exemple le plus frappant. Ils ont un dossier de 20 victoires et 11 défaites dans les rencontres se terminant par un but. Seuls les Coyotes ont fait mieux en terme de pourcentage. Par contre, Ottawa montre une fiche de 10 gains et 22 revers dans les rencontres se terminant avec une marge de trois buts ou plus. « Les matchs se terminant par un but sont une preuve de ténacité et de caractère » répète-t-on. Rien de plus faux. Depuis trois ans, j’ai fait l’étude de corrélation sur la fiche globale d’une équipe et son rendement dans les matchs serrés et à sens unique. Le résultat est le même à chaque année : une corrélation d’environ 0,8 pour les matchs à haute marge (un corrélation de 1,0 démontre un lien parfait entre deux statistiques) alors que celle-ci n’est que de 0,6 pour les matchs serrés. Il est clair que les Sénateurs ont été extrêmement chanceux l’an passé!! Il est peu probable que Dame Chance puisse lui rendre le même service deux années de suite, en tout cas pas au même point!!
Maintenant, quelles sont les équipes qui ont les plus grandes probabilités de hisser leur position ou de se maintenir? 1.- Washington 2.- NY Rangers 3.- Chicago 4.- Vancouver 5.- Buffalo. Si Glen Sather avait compris que son équipe avait seulement joué de malchance, il n’aurait pas tenté de tout chambarder : un dossier de 18 victoires et 11 défaites dans les matchs à sens unique, 13-22 dans les rencontres à marge d’un but. Les Caps devraient se remettre assez facilement de leur élimination contre le Canadien. Puisqu’il est question du Tricolore, il n’a pas démontré de tendance l’an passé de sorte que le hasard pourrait le porter d’un côté comme de l’autre. Il a joué pour ,500 dans les matchs à marges de trois buts et plus. C’est toutefois l’équipe qui a disputé le plus de rencontres serrées (à marge d’un but), soit 44. En laissant trop de place au hasard, le Canadien laisse malheureusement son sort à un facteur sur lequel il a peu de contrôle! Certains parleront de l’importance de Halak l’an passé dans ces matchs. Vrai! Mais justement, s’il était le seul facteur, le CH n’aurait pas perdu 24 de ces 44 matchs!! Je me souviens trop bien de ce que Guy Carbonneau disait en amorçant les fusillades : « C’est comme jouer à pile ou face! » Et à ce jeu, il n’y a aucune garantie!!
mercredi 10 mars 2010
LHJMQ ou NCAA : un choix personnel!!
J’ai lu plusieurs articles au cours des derniers mois relativement au choix de Louis Leblanc de choisir la NCAA plutôt que la LHJMQ. Pour ceux qui l'ignorent, Leblanc a été le premier choix du Canadien lors du dernier repêchage amateur de la LNH. Personnellement, je dois admettre que je suis un ardent défenseur du sport scolaire et même si le circuit Courteau a fait des efforts considérables afin d’encourager l’éducation de ses joueurs, je crois que l’environnement de la ligue ne favorise pas du tout la poursuite des études. Je précise encore une fois qu’il s’agit d’une opinion personnelle.
Quant à Louis Leblanc et à son développement hockey, plusieurs croient qu’il lui serait préférable de jouer davantage de parties dans la LHJMQ. Cette saison avec Harvard, Leblanc jouera probablement la moitié du nombre de matchs qu’un joueur qui passera une saison complète avec les Saguenéens de Chicoutimi, par exemple. Puisqu’il joue moins de parties, son développement en sera affecté, selon certains. Je ne crois pas que ce soit le cas, bien au contraire. Dans la LHJMQ, les voyages, les études et un calendrier fort chargé font en sorte qu’il est non seulement difficile de réussir en classe mais il est tout aussi ardu de préparer des entraînements de qualité. Dans la NCAA, on joue presque exclusivement les week-ends et on voyage beaucoup moins, de sorte que les entraîneurs-chefs ont plus de temps à leur disposition. De plus, j’ajouterais que sur le plan technique, peu importe le sport, c’est à l’entraînement qu’un athlète s’améliore en vue d’une application de cet apprentissage dans les matchs. Ainsi, lors d’un entraînement au hockey, un joueur peut s’amuser avec la rondelle pendant une période de temps beaucoup plus longue que lors d’une partie. Idem pour les techniques de patinage. Vous me direz qu’à ce niveau, la technique devrait déjà être apprise. J’ai un peu de difficulté avec cet argument, particulièrement quand il est question d’un jeune homme qui n’a même pas atteint la vingtaine. Malheureusement, dans le monde du sport, une fois qu’on vous a collé une étiquette, il est difficile de s’en défaire. J’y reviendrai d’ici peu….
Quant à Louis Leblanc et à son développement hockey, plusieurs croient qu’il lui serait préférable de jouer davantage de parties dans la LHJMQ. Cette saison avec Harvard, Leblanc jouera probablement la moitié du nombre de matchs qu’un joueur qui passera une saison complète avec les Saguenéens de Chicoutimi, par exemple. Puisqu’il joue moins de parties, son développement en sera affecté, selon certains. Je ne crois pas que ce soit le cas, bien au contraire. Dans la LHJMQ, les voyages, les études et un calendrier fort chargé font en sorte qu’il est non seulement difficile de réussir en classe mais il est tout aussi ardu de préparer des entraînements de qualité. Dans la NCAA, on joue presque exclusivement les week-ends et on voyage beaucoup moins, de sorte que les entraîneurs-chefs ont plus de temps à leur disposition. De plus, j’ajouterais que sur le plan technique, peu importe le sport, c’est à l’entraînement qu’un athlète s’améliore en vue d’une application de cet apprentissage dans les matchs. Ainsi, lors d’un entraînement au hockey, un joueur peut s’amuser avec la rondelle pendant une période de temps beaucoup plus longue que lors d’une partie. Idem pour les techniques de patinage. Vous me direz qu’à ce niveau, la technique devrait déjà être apprise. J’ai un peu de difficulté avec cet argument, particulièrement quand il est question d’un jeune homme qui n’a même pas atteint la vingtaine. Malheureusement, dans le monde du sport, une fois qu’on vous a collé une étiquette, il est difficile de s’en défaire. J’y reviendrai d’ici peu….
mardi 23 février 2010
Pas assez rapide...
Je regarde avec intérêt le tournoi olympique de hockey masculin et de façon plus particulièrement les matchs de l’équipe canadienne. J’ai également vu des rencontres opposant d’autres formations. Ce qui me frappe le plus, c’est comment les patineurs européens semblent beaucoup plus fluide sur patin que les Canadiens ou même les Nord-Américains dans l’ensemble.
Ce texte est écrit deux jours après la défaite du Canada contre les Américains et quelques heures avant la rencontre contre l’Allemagne. Si vous lisez mon blogue depuis le début, vous savez que je n’étais pas d’accord avec les omissions de Mike Green et Brad Richards au sein de l’équipe canadienne. J’aurais tout aussi bien pu ajouter deux autres noms qui, à la suite de ce que j’ai bu, auraient apporté une dimension toute autres au CANADA : Martin St-Louis et Steven Stamkos. On a bâti une équipe solide sur le plan physique, sauf qu’il manque de rapidité. À l’attaque, Sidney Crosby est au-dessus de tout le monde. Le seul autre attaquant dont le coup de patin est une arme redoutable est Patrick Marleau. En défensive, Scott Niedermeyer, qui pourrait sans doute mieux jouer, et Duncan Keith sont les seuls à se démarquer, en plus de Drew Doughty, probablement la révélation de ce tournoi pour les locaux jusqu’ici. Les joueurs sélectionnés ont tous des habiletés, à n’en pas douter. Mais le jeu se déplace beaucoup plus rapidement à ce niveau et je ne suis pas certain que l’équipe canadienne s’est donné les meilleures chances possibles. À cet égard, j’ajouterais l’observation suivante : le Canada a compté sur trop peu de surnombre à l’attaque depuis le début du tournoi, une situation due selon moi en grande partie à un manque de rapidité de la part des attaquants, incapables de se démarquer devant des équipes plus rapides. Les Getzlaf, Perry, Morrow et autres peuvent bien exceller dans les coins. Le problème, c’est qu’au hockey, comme dans pratiquement tous les sports, c’est au centre que ça se gagne.
Ce texte est écrit deux jours après la défaite du Canada contre les Américains et quelques heures avant la rencontre contre l’Allemagne. Si vous lisez mon blogue depuis le début, vous savez que je n’étais pas d’accord avec les omissions de Mike Green et Brad Richards au sein de l’équipe canadienne. J’aurais tout aussi bien pu ajouter deux autres noms qui, à la suite de ce que j’ai bu, auraient apporté une dimension toute autres au CANADA : Martin St-Louis et Steven Stamkos. On a bâti une équipe solide sur le plan physique, sauf qu’il manque de rapidité. À l’attaque, Sidney Crosby est au-dessus de tout le monde. Le seul autre attaquant dont le coup de patin est une arme redoutable est Patrick Marleau. En défensive, Scott Niedermeyer, qui pourrait sans doute mieux jouer, et Duncan Keith sont les seuls à se démarquer, en plus de Drew Doughty, probablement la révélation de ce tournoi pour les locaux jusqu’ici. Les joueurs sélectionnés ont tous des habiletés, à n’en pas douter. Mais le jeu se déplace beaucoup plus rapidement à ce niveau et je ne suis pas certain que l’équipe canadienne s’est donné les meilleures chances possibles. À cet égard, j’ajouterais l’observation suivante : le Canada a compté sur trop peu de surnombre à l’attaque depuis le début du tournoi, une situation due selon moi en grande partie à un manque de rapidité de la part des attaquants, incapables de se démarquer devant des équipes plus rapides. Les Getzlaf, Perry, Morrow et autres peuvent bien exceller dans les coins. Le problème, c’est qu’au hockey, comme dans pratiquement tous les sports, c’est au centre que ça se gagne.
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