Lorsque Andrei Markov s’est blessé en début de saison, tous s’accordaient qu’il s’agissait du pire scénario envisageable pour le Canadien. Markov est le meilleur actif chez le Tricolore. L’an dernier, le défenseur russe a été de loin le meilleur passeur chez les défenseurs de toute la ligue nationale lors des avantages numériques dans les situations importantes. À la suite d’une telle perte, la mission du Canadien était claire : garder la tête au-dessus de l’eau en attendant le retour de son joueur-vedette. Jusqu’ici, on peut dire mission accomplie puisque l’équipe se maintient avec six victoires et six défaites. Il en faudra plus bien sûr pour accéder aux séries mais en attendant le retour de Markov, il s’agit de survivre. Dans le cas du Canadien, survivre est le mot juste puisque le dossier actuel de l’équipe ne reflète pas du tout son rendement général.
Depuis le début de la campagne, les hommes de Jacques Martin ont été très chanceux, le hasard les favorisant grandement. Des 12 rencontres disputées jusqu’ici, huit ont été décidées par un seul but, dont quatre en prolongation. Contrairement à la croyance populaire, la fiche d’une équipe dans les rencontres se terminant avec un écart d’un seul but n’est pas nécessairement le reflet de son caractère. Dans tous les sports d’équipe, des facteurs hors de contrôle des joueurs et des entraîneurs peuvent survenir en cours de compétition. Au hockey, il peut s’agit d’un hors-jeu raté par les juges de ligne, un mauvais rebond, un bris d’équipement à un joueur clé, une blessure, etc. Dans les matchs serrés, ces facteurs incontrôlables ont un impact plus important dans l’issue des rencontres puisqu’il faut peu pour faire balancer le poids de la victoire d’un côté ou de l’autre. D’ailleurs, une étude que j’ai réalisée au cours des deux dernières années démontre que le dossier lors des matchs se terminant par des écarts élevés (trois buts et plus) est plus révélateur de la valeur d’une équipe que les matchs serrés (écart d’un but). C’est encore plus vrai lors des fusillades. Guy Carbonneau, lorsqu’il dirigeait le Canadien, ne cessait de répéter que le résultat en fusillade pouvait aussi bien aller d’un côté ou de l’autre, sans égard aux forces en présence. Et rappelez-vous il y a deux ans, lorsque les Oilers d’Edmonton et Mathieu Garon semblaient invincibles en fusillade. Malheureusement pour eux, il était pratiquement impossible de soutenir un tel rythme deux années consécutives de sorte que les Oilers ont raté les séries encore une fois l’an dernier.
Cette saison, le Canadien a inscrit cinq victoires en huit matchs dans les rencontres serrées mais seulement une sur trois dans les matchs à sens unique. Une disparité trop importante pour espérer que le Tricolore puisse continuer à amasser des victoires de façon régulière, surtout que quatre de ces victoires ont été récoltées en prolongation. Jusqu’ici, le Canadien s’en est tiré avec la contribution de Dame Chance. Mais celle-ci a la particularité d’être très aléatoire dans son application. Il faudra un sérieux coup de barre pour redresser la situation.
vendredi 30 octobre 2009
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