mardi 22 décembre 2009

Finir sa mise en échec : un permis de blesser!

Depuis environ une semaine et demie, le débat sur les mises en échec douteuses et les commotions cérébrales a monté d’un autre cran, comme si cela était possible, à la suite des propos du neurochirurgien Charles Tator sur l’influence négative de l’analyste Don Cherry sur la culture du hockey. En gros, le docteur Tator reproche à Cherry de prôner une approche agressive et dénuée de respect envers l’adversaire, contribuant ainsi aux blessures de plus en plus nombreuses. Cherry et son acolyte à la CBC, Ron McLean, ont bien tenté de défendre leur position ce dernier week-end. Toutefois, lorsqu’on jette un œil sur les DVD « Rock ‘Em Sock ‘Em » (on est rendu à vingt!), il est difficile d’imaginer Cherry en défenseur du changement de culture. Car c’est de cela dont il s’agit. Samedi, outre Cherry, Mike Milbury en a remis, ajoutant que les joueurs doivent savoir que le hockey est un sport dangereux, que les joueurs doivent en connaître les risques et que lui-même avait dû se faire remplacer un genou.
Tout cela est bien beau mais le problème, c’est que le hockey, tout comme la société, a changé depuis trente ans. Les joueurs qui évoluent sur le quatrième trio aujourd’hui patinent aussi rapidement que les étoiles d’il y a trente ans. Personne n’aurait pu enlever la rondelle à George Laraque il y a trente ans! On l’a répété : tout est plus rapide, plus puissant, plus fort, plus explosif. Ça s’applique à tous les aspects du sport, soit le coup de patin, les passes, les tirs, les déplacements… et les mises en échec. En ce sens, la réglementation doit absolument suivre l’évolution, ce qui est loin d’avoir été le cas.
Dans tout ça, je me demande encore pourquoi la Ligue nationale permet toujours à
un joueur de « terminer sa mise en échec ». En théorie, une mise en échec doit être appliquée au porteur du disque. Toutefois, pour une raison qui me dépasse, on permet dans la Ligue nationale de plaquer quelqu’un quelques secondes après qu’il se soit débarrassé de la rondelle! Dans la Ligue nationale de football, il est strictement interdit de frapper le quart après qu’il ait lancé le ballon, ne serait-ce qu’une fraction de seconde. Dans les deux exemples suivants (http://www.youtube.com/watch?v=Qv3W09KDnAM et http://www.youtube.com/watch?v=WgDUNn8q4qo), Darcy Tucker et Cam Janssens savaient que leurs adversaires étaient vulnérables. On s’est retrouvé avec deux joueurs blessés sérieusement dont un, Mike Peca, qui ne s’en est jamais remis complètement. La théorie selon laquelle un joueur doit être conscient des dangers ne tient pas dans ces circonstances. Et de mettre la responsabilité de ces blessures aux victimes ne sert qu’à vouloir perpétuer un problème qui, un jour, sera probablement réglé devant la justice, à moins que les dirigeants du hockey professionnel ne se décident finalement à évoluer au même rythme que le jeu!!

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