Cette année marque la troisième fois au cours de laquelle le nom de Tim Raines figure parmi les candidats à l’intronisation au Temple de la Renommée du baseball. Quelques autres anciens Expos apparaissent sur cette liste, soit Andre Dawson, Andres Galarraga, David Segui, Lee Smith et Todd Zeile. Du nombre, Dawson est celui qui reçoit le plus de considération de la part des votants. Parmi les autres joueurs, on retrouve principalement Roberto Alomar, Bert Blyleven, Fred McGriff, Jack Morris, Dale Murphy, Dave Parker et Mark McGwire.
Je veux revenir sur le cas de Raines puisque même quand il était à Montréal, il n’a jamais été reconnu à sa juste valeur. Saviez-vous que Raines a été le meilleur joueur offensif de toute la Ligue nationale entre 1983 et 1987?? Meilleur que Ryne Sandberg, meilleur que Dale Murphy, meilleur qu’Andre Dawson!! Nommez qui que vous voudrez, Raines vient au-dessus de tout le monde. De fait, un seul joueur peut se vanter d’avoir été aussi productif et il se trouvait dans la Ligue américaine : Wade Boggs.
Dans mon livre « L’époque glorieuse des Expos », je fais à plusieurs reprises l’apologie de la moyenne de présence sur les buts. Cette statistique est le meilleur outil pour évaluer l’apport d’un joueur à l’attaque. À cet égard, Raines n’avait pas son pareil avec les Expos. Afin d’illustrer l’excellence de Raines, je vais établir une comparaison avec deux joueurs : Andre Dawson et Ichiro Suzuki.
À son apogée, Dawson représentait le joueur parfait : rapide, puissant, excellence défensivement. Il pouvait tout faire sur le terrain disait-on. Sauf une chose et non la moindre : il était incapable de se rendre sur les sentiers. Pas une seule fois n’a-t-il été mesure de soutirer 50 buts sur balles en une saison. Les amateurs des Expos se souviennent de ses léthargies lors des moments importants. Normal, puisque généralement, les Expos faisaient alors face à des lanceurs aguerris. Sachant que Dawson n’avait aucune habileté à laisser passer des tirs, celui-ci devenait alors une proie plus facile. Seule sa puissance faisait en sorte qu’il avait une quelconque utilité et encore là, pas suffisamment pour être du niveau de Raines.
Quant à Ichiro, il est vu actuellement comme un futur membre du Temple de la Renommée et selon plusieurs, un modèle à suivre. Par contre, en étudiant sa fiche de près, on se rend compte qu’il est moins productif que ne l’était Raines à son époque! Surprenant? Pour vous en convaincre, je vous suggère de consulter le site internet de mon bon ami Sean Forman : www.baseball-reference.com. Il y a une statistique appelée OPS+ qui évalue la contribution offensive d’un joueur, 100 étant la moyenne. Suzuki a atteint 130 une seule fois tandis que Raines a dépassé ce seuil sept fois! Comment cela est-il possible quand Suzuki présente une moyenne aussi élevé? D’abord, Suzuki souffre du même syndrome que Dawson, soit une incapacité (ou manque de volonté) de recevoir des buts sur balles. Ensuite, le voltigeur japonais n’a que très peu de puissance au bâton. Enfin, les statistiques de Suzuki sont gonflées par une ère plus offensive que celle dans laquelle Raines a évolué. Bref, si Ichiro est élu d’être au Panthéon du baseball, Raines mérite d’y être d’emblée.
vendredi 18 décembre 2009
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