vendredi 29 janvier 2010

Dawson et les Expos : une animosité de longue date!!

Andre Dawson ne s’est pas gêné cette semaine pour faire connaître son insatisfaction devant la décision du Temple de la Renommée du baseball de le forcer à porter la casquette des Expos lors de son intronisation l’été prochain. Grand bien lui fasse et bien honnêtement, je ne me sens pas du tout offusqué par sa prise de position. Il est clair qu’il s’est senti plus à l’aise à Chicago qu’à Montréal au cours de sa carrière. Mais les raisons derrière ses sentiments vont plus loin que la façon dont il a quitté les Expos après la saison 1986.
Rappelons les faits : Dawson vient de disputer une dixième saison complète à Montréal. Même s’il est encore productif, son rendement a diminué depuis 1984. De plus, ses genoux le font atrocement souffrir sur le ciment du Stade olympique. Vous croyez qu’on a exagéré ses problèmes aux genoux? Dès sa première année avec les Expos en 1977, on a dû lui retirer du liquide aux genoux. Au milieu des années 1980, il est arrivé que Dawson soit incapable de marcher après un voyage en avion, tellement ses genoux étaient enflés. Ses coéquipiers avaient dû le transporter hors de l’appareil. Il a quand même joué le lendemain! Dawson voulait donc quitter Montréal et jouer sur du gazon naturel afin de ménager ses genoux. Et on peut le comprendre facilement. Les Expos ont fait des efforts minimes pour tenter de le ramener mais à cette période, les équipes s’étaient entendues pour limiter les salaires des joueurs autonomes. Elles ont d’ailleurs dû payer une amende salée quelques années plus tard, lorsque reconnues coupables de collusion.
Ceci dit, le ressentiment de Dawson à l’endroit des Expos a des racines plus profondes que le moment officiel du divorce entre les deux parties. Avant la saison 1981, Dawson a accepté un contrat de plusieurs saisons à raison d’environ 800,000 dollars par saison. À l’époque, le salaire le plus élevé était d’un million annuellement, ce qui plaçait Dawson parmi les joueurs les mieux rémunérés. Mais en l’espace d’un an, cette échelle salariale a été bousculée par le monstrueux contrat accordé par les Yankees de New York à Dave Winfield : plus de 20 millions sur dix ans. Ce contrat a forcé les Expos plus tard à délier les cordons de la bourse pour Gary Carter : 15 millions sur huit ans, laissant Dawson loin derrière. Dawson a toujours considéré que Carter avait droit à des égards auxquels lui-même n’avait pas droit. D'ailleurs, Carter ne faisait pas du tout l’unanimité auprès de ses coéquipiers en raison de sens de l'auto-promotion considéré excessif. Mais à sa décharge, Carter a travaillé très fort pour cultiver sa popularité auprès des amateurs et des médias, au point d’en faire suinter plusieurs coéquipiers. Dawson au contraire avait le respect de la plupart des joueurs. Dans ces circonstances, on peut comprendre Dawson de se sentir davantage confortable sous une casquette des Cubs que celle des Expos!
PS : Vous pouvez lire une analyse plus complète de ces années avec les Expos dans mon livre : L’époque glorieuse des Expos!

mercredi 27 janvier 2010

Carey Price… une erreur sur toute la ligne!!

Ca fait un petit bout que j’ai le goût d’écrire sur Carey Price. Le titre de ce texte peut prêter à confusion : Price n’est pas responsable d’avoir été choisi cinquième lors du repêchage de 2005. Le Canadien a tout simplement commis une erreur en mettant son dévolu sur un gardien aussi tôt lors du repêchage, qu’il s’agisse de Price ou un autre.
Je ne veux pas minimiser le rôle du gardien au sein d’une équipe. Par contre, faites le tour de la Ligue nationale : il y a davantage de gardiens qui peuvent assumer un rôle de numéro un qu’il y a d’équipes dans le circuit. Lorsqu’on a un choix aussi élevé, il faut en profiter pour aller chercher un joueur d’impact à une autre position. Regardez comment fonctionnent les Red Wings de Detroit. Ils ont gagné la Coupe Stanley avec Mike Vernon, Dominik Hasek et deux fois avec Chris Osgood. Hasek est le seul du groupe qui peut se vanter d’avoir appartenu à l’élite de la Ligue nationale. Les Wings ont pu l’obtenir pour un salaire moins élevé qu’un joueur vedette parce que sinon, Hasek se serait retrouvé ailleurs. Detroit a tout simplement comme théorie de ne pas dépenser de sommes folles pour un gardien étoile. On préfère garder cet argent pour un joueur d’impact, comme un Brian Rafalski ou encore un Marian Hossa l’an passé. Ils ont tout simplement fait l’équation suivante : il n’y pas assez de différence entre les Roberto Luongos de la ligue et les Chris Osgoods du circuit pour justifier un écart de salaires pouvant aller jusqu’à six millions de dollars. Et compte tenu du succès des Wings depuis une quinzaine d’années, c’est une recette qui semble fonctionner. Oui Price a un talent indéniable. L’erreur aura été de le repêcher beaucoup trop tôt, qu'il atteigne ou non le potentiel que le CH voyait en lui!!

Dawson avec le logo des Expos: la logique même!

Nul doute que si Andre Dawson avait eu le choix, il aurait porté la casquette des Cubs de Chicago cet été lors de son intronisation au Temple de la Renommée. Mais les dirigeants du Panthéon en ont décidé autrement… et avec raison. C’est avec les Expos de Montréal que Dawson a connu ses meilleurs moments et de loin. Certains diront que c’est à Chicago qu’il s’est fait connaître. Foutaise!! En 1981, Dawson a été choisi le joueur par excellence de la Ligue nationale par le Sporting News. Il était considéré comme le joueur le plus complet des majeures. Personnellement, je pense qu’il a été surévalué tout au long de sa carrière (voir mon texte précédent sur Raines et Dawson). Il n’en demeure pas moins que Dawson n’a plus reçu cette étiquette de joueur complet après son départ de Montréal. Quant à son titre de joueur le plus utile à son équipe en 1987, c’est bien malheureux à dire mais il s’agit d’un des pires choix de l’histoire du baseball. Et cela n’a rien à voir avec le fait que les Cubs aient terminé derniers dans l’Est. Jack Clark a mené la Ligue nationale pour la moyenne de puissance et la moyenne de présence sur les buts, les deux statistiques les plus importantes! De plus, le Wrigley Field a gonflé les statistiques de Dawson tandis que Clark évoluait dans un cimetière pour les frappeurs à St.Louis. Même si j’ai mes réserves quant au choix de Dawson, c’est la simple logique qu’il soit intronisé avec le logo de Nos Amours.

lundi 25 janvier 2010

Merci à Bertrand Raymond...

Ce que j’ai à écrire sur Bertrand Raymond n’est pas très différent de ce que j’ai pu lire jusqu’ici à son égard, à la suite de sa dernière chronique avant sa retraite, qu’on peut lire sur www.ruefrontenac.com. J’aimerais par contre ajouter mon grain de sel et partager les moments qui, s’ils ne sont pas aussi nombreux que je l’aurais voulu, démontre un homme qui a su garder les pieds sur terre et qui était capable de compassion envers les autres.
Au milieu des 1990, j’ai eu la chance de couvrir pendant deux ans les Internationaux de tennis du Canada, au Parc Jarry. Nous devions tous avoir notre carte identifiée à notre média. Dans le cas de Bertrand Raymond, cela faisait quelques années déjà (!!) qu’il oeuvrait dans le milieu et il était fort connu du milieu sportif. Mais voilà qu’un jeune préposé refuse de le laisser entrer parce que justement il n’a pas sa carte! Loin de s’offusquer, Bertrand Raymond se moquait plutôt de sa mésaventure, en disant : « On va continuer de travailler plus fort! »
Sur le plan plus personnel, après l’annonce de la fermeture de la salle de nouvelles de TQS, j’étais au Salon Jacques-Beauchamp du Centre Bell, là où les journalistes se regroupent avant les matchs et entre les périodes. Bertrand Raymond avait pris la peine de venir me voir pour me demander quelle serait la suite des choses pour moi, un geste que j’avais fort apprécié. Je lui avais demandé également quelques années plus tôt de m’aider à trouver un article sur les voisins de Jackie Robinson et il m’avait envoyé sa chronique par la poste, sans me demander quoi que ce soit en retour. Je devais traduire l’article pour une des publications de la Society for American Baseball Research. Et quand l’éditeur a oublié de mentionner son nom et après en avoir fait part à Bertrand Raymond, ce dernier m’a répondu avec le sourire, en disant en gros qu’il n’y avait pas de quoi fouetter un chat.
Bonne retraite Monsieur Raymond!

vendredi 22 janvier 2010

Kovalev, un casse-tête pour l'entraîneur-chef...

Ceux qui ont lu mes derniers textes sur mon blogue ont pu s’apercevoir que je suis un supporteur d’Alex Kovalev et que j’aurais souhaité qu’il demeure à Montréal. Même passé la mi-trentaine, il est toujours susceptible de changer l’allure d’un match à lui seul. Combien y a-t-il de joueurs qui sont capables d’en faire autant à Montréal en ce moment?
Tout au long de sa carrière, Kovalev a représenté une énigme pour ceux qui l’ont côtoyé. On se demande comment un athlète aussi doué peut offrir des performances aussi inconstantes. La réponse semble difficile à trouver puisque personne n’a encore été en mesure de trouver la solution. Pour un entraîneur-chef, c’est une situation extrêmement difficile à gérer.
Kovalev s’est attiré les éloges à Montréal, particulièrement il y a deux ans, connaissant une saison spectaculaire à tous points de vue. L’attaquant russe a aussi subi les foudres de certains commentateurs en raison de son inconstance. Par contre, contrairement à ce que j’ai pu lire et entendre, je ne crois pas que Kovalev était indifférent à ses performances ou à celles de l’équipe. Et je ne crois pas non plus qu’il était paresseux. Il est le seul joueur que j’ai vu qui exerçait son tir du poignet en solitaire, avant que ses coéquipiers se présentent sur la patinoire pour les entraînements. Son éthique de travail n’est pas en cause selon moi. Je ne crois pas avoir la solution, remarquez bien. Si cela avait été le cas, je pense que le Canadien m’aurait payé le gros prix pour le savoir!!
Avait-il encore sa place avec l’équipe? Tout dépend de l’entraîneur-chef. Je ne suis pas du tout certain qu’il se serait plu sous la direction de Jacques Martin. Ce dernier exige une discipline de tous les instants. Kovalev est un artiste qui a besoin de respirer et Martin ne lui aurait pas donné cet espace. J’ajouterais même que celui qui a Kovalev sous la main doit pratiquement accepter de diriger un athlète d’exception. En 2005-2006, j’ai eu le privilège d’être l’annonceur-maison des équipes de volleyball des Carabins de l’Université de Montréal. Au sein de l’équipe masculine, il y avait un attaquant du nom de Dimitri Edouard. Celui-ci était extrêmement spectaculaire, puissant, pouvant soulever les foules. Il était capable d’anéantir les défensives adverses avec ses smashs. D’un autre côté, il était capable du meilleur comme du pire, en ratant par exemple un nombre effarant de services. Son entraîneur-chef était George Laplante. En entrevue à Serge Vleminckx, Laplante avait admis que ce n’était pas facile de composer avec ce genre d’athlètes et qu’il fallait accepter ses qualités comme ses défauts. « Il y a des entraîneurs qui ne peuvent diriger ce genre de joueurs. Moi, oui! » avait-il déclaré. Il était d'avis qu'Edouard lui permettrait de gagner plus souvent, malgré ses défauts. J’ai comme l’impression que Jacques Martin n’aurait jamais été capable de diriger Dimitri Edouard!! :)

PS : En passant, si vous voulez assister à un spectacle ou vous en aurez pour votre argent, allez faire un tour aux matchs de volleyball universitaire! Rapport qualité-prix garanti avec un spectacle relevé dans ce qui est le calibre le plus élevé de ce sport au pays!!

mardi 19 janvier 2010

Un bel exemple de but clutch...

Le match de lundi soir entre les Sénateurs d’Ottawa et les Bruins de Boston illustre parfaitement la notion de « buts clutchs » que je souligne quotidiennement sur ma page Facebook.
Les Sénateurs ont gagné cette rencontre 5-2 grâce, lit-on en manchettes un peu partout, à trois buts de Daniel Alfredsson. Le capitaine a marqué ses trois buts après que les Sénateurs eurent pris les devants 1-0, gracieuseté d’un but d’Alex Kovalev. Jonathan Cheechoo a porté la marque 5-1 en troisième période. D’après vous, lequel des cinq buts des Sénateurs a donné la plus grande probabilité de gagner? De loin, c’est celui d’Alex Kovalev en première période! Regardez les statistiques de la Ligue nationale et vous verrez toute l’importance du premier but : les équipes qui marquent en premier gagnent les trois quarts de leurs parties, sinon davantage. Non seulement le but de Kovalev a-t-il donner cet avantage aux Sénateurs, mais il vaut davantage que les trois buts d’Alfredsson réunis! Comment est-ce possible, me demandez-vous?
D’abord, il faut commencer avec l’hypothèse qu’au début d’un match de la Ligue nationale, les deux équipes ont la même probabilité de gagner puisqu’elles jouent selon les mêmes règlements. Les deux formations ont donc une probabilité de 50 pour cent de l’emporter au départ. Avec son but, Kovalev a fait passer cette probabilité de 50 à 75 pour cent! Aucun autre but dans le match ne peut avoir la même valeur, à moins que l’autre équipe ne crée l’égalité. Qui plus est, si les Sénateurs l’avaient emporté 10-1, les neuf autres buts mis ensemble n’auraient pas eu la même importance que celui de Kovalev. Pour avoir la même valeur que le but de Kovy, il faudrait faire passer la probabilité de 75 à 100 pour cent. Or, une probabilité de gagner de 100 pour cent devient une certitude que seul un but en prolongation peut apporter. Et lorsqu’un but est marqué dans ces circonstances, il ne faut pas oublier que la marque est égale, donc la probabilité passe de 50 à 100 pour cent.
Je ne veux pas ici me faire le défenseur de Kovalev (même si je crois qu’il aurait dû demeurer à Montréal!) mais bien expliquer le principe des buts importants au cours d’un match, communément appelés « buts clutchs » dans mon jargon!

« Le Canadien retient ses joueurs… »

Les succès de Guillaume Latendresse avec le Wild du Minnesota ne passent pas inaperçus aux yeux des amateurs de hockey qui suivent les activités du Canadien. Treize buts et six passes en 25 matchs et la troisième étoile de la dernière semaine dans la ligue nationale.
Plusieurs observateurs se demandent pourquoi le Canadien est incapable de faire produire des joueurs à Montréal alors que dans plusieurs cas, ils réussissent à se faire valoir sous d’autres cieux. Les noms de Mike Ribeiro, Mikael Grabowsky, François Beauchemin, Stéphane Robidas me viennent en tête. Si on remonte à un peu plus loin, John LeClair représente l’exemple type du joueur qui a réussi à s’émanciper après son départ de Montréal.
Il y a un petit bout de temps que je me demande si effectivement Montréal a un effet pervers sur les joueurs, particulièrement ceux dont le travail est concentré à l’attaque. Il y a une dizaine d’années, un ancien membre du Canadien des années 1980 me faisait une remarque selon laquelle l’organisation « retenait » ses joueurs. Selon lui, cette situation prévalait quand il jouait et a continué de se perpétuer par la suite. Avec Bob Gainey comme directeur général et Jacques Martin comme entraîneur-chef, rien n’indique un changement de mentalité, bien au contraire. Gainey a connu une grande carrière grâce à son jeu défensif tandis que Jacques Martin s’est toujours fait un devoir d’insister sur la responsabilité défensive de ses joueurs. Peut-être considère-t-il qu’il n’a pas les éléments en main pour faire autrement avec le Canadien, mais permettez-moi de mettre en doute cette hypothèse. Quand il dirigeait les Sénateurs d’Ottawa, pourtant fort nantis à l’attaque, Martin a continuellement insisté sur la défensive. Et quand je lis que Guillaume Latendresse bénéficie de nombreux surnombres au Minnesota, comme il n’en a jamais vu à Montréal, je me dis que mon interlocuteur avait peut-être raison.
Un mot en terminant sur Latendresse. Il est dommage que ce soit le Wild qui profite actuellement du passage du gros attaquant à Montréal. Avec le Canadien, Latendresse a vécu continuellement sous les feux de la rampe, ce qui ne sera pas sans l’aider dans l’avenir. Le Canadien a-t-il commis une bévue? L’erreur du Canadien aura été de lui demander de jouer selon un style qui ne lui convenait pas. Malgré son gabarit imposant, Latendresse n’a jamais été et ne sera jamais un joueur robuste. Ce n’est tout simplement pas dans sa nature et de toute façon, ce n’est pas ce qui l’a amené dans la Ligue nationale. Latendresse se sert de son corps pour protéger la rondelle. Son habileté avec son bâton est sa principale qualité. Il lui restait à apprendre à bien lire le jeu et à bien se placer sur la glace, ce qu’il n’a pas trop de difficultés à assimiler au Minnesota, semble-t-il!