Andre Dawson ne s’est pas gêné cette semaine pour faire connaître son insatisfaction devant la décision du Temple de la Renommée du baseball de le forcer à porter la casquette des Expos lors de son intronisation l’été prochain. Grand bien lui fasse et bien honnêtement, je ne me sens pas du tout offusqué par sa prise de position. Il est clair qu’il s’est senti plus à l’aise à Chicago qu’à Montréal au cours de sa carrière. Mais les raisons derrière ses sentiments vont plus loin que la façon dont il a quitté les Expos après la saison 1986.
Rappelons les faits : Dawson vient de disputer une dixième saison complète à Montréal. Même s’il est encore productif, son rendement a diminué depuis 1984. De plus, ses genoux le font atrocement souffrir sur le ciment du Stade olympique. Vous croyez qu’on a exagéré ses problèmes aux genoux? Dès sa première année avec les Expos en 1977, on a dû lui retirer du liquide aux genoux. Au milieu des années 1980, il est arrivé que Dawson soit incapable de marcher après un voyage en avion, tellement ses genoux étaient enflés. Ses coéquipiers avaient dû le transporter hors de l’appareil. Il a quand même joué le lendemain! Dawson voulait donc quitter Montréal et jouer sur du gazon naturel afin de ménager ses genoux. Et on peut le comprendre facilement. Les Expos ont fait des efforts minimes pour tenter de le ramener mais à cette période, les équipes s’étaient entendues pour limiter les salaires des joueurs autonomes. Elles ont d’ailleurs dû payer une amende salée quelques années plus tard, lorsque reconnues coupables de collusion.
Ceci dit, le ressentiment de Dawson à l’endroit des Expos a des racines plus profondes que le moment officiel du divorce entre les deux parties. Avant la saison 1981, Dawson a accepté un contrat de plusieurs saisons à raison d’environ 800,000 dollars par saison. À l’époque, le salaire le plus élevé était d’un million annuellement, ce qui plaçait Dawson parmi les joueurs les mieux rémunérés. Mais en l’espace d’un an, cette échelle salariale a été bousculée par le monstrueux contrat accordé par les Yankees de New York à Dave Winfield : plus de 20 millions sur dix ans. Ce contrat a forcé les Expos plus tard à délier les cordons de la bourse pour Gary Carter : 15 millions sur huit ans, laissant Dawson loin derrière. Dawson a toujours considéré que Carter avait droit à des égards auxquels lui-même n’avait pas droit. D'ailleurs, Carter ne faisait pas du tout l’unanimité auprès de ses coéquipiers en raison de sens de l'auto-promotion considéré excessif. Mais à sa décharge, Carter a travaillé très fort pour cultiver sa popularité auprès des amateurs et des médias, au point d’en faire suinter plusieurs coéquipiers. Dawson au contraire avait le respect de la plupart des joueurs. Dans ces circonstances, on peut comprendre Dawson de se sentir davantage confortable sous une casquette des Cubs que celle des Expos!
PS : Vous pouvez lire une analyse plus complète de ces années avec les Expos dans mon livre : L’époque glorieuse des Expos!
vendredi 29 janvier 2010
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