J’ai des sentiments mitigés quant à l’élection d’Andre Dawson à Cooperstown, un endroit que j’ai visité une bonne quinzaine de fois!! Je suis bien content pour Dawson, mais c’est Tim Raines qui aurait dû d’abord se retrouver à Cooperstown.
Dans le cas de Dawson, malheureusement pour lui, ses chiffres masquent une profonde lacune : un total manque de discipline au bâton qui ont éventuellement mené à des performances catastrophiques lors des moments importants, que ce soit avec les Expos ou les Cubs. Dans mon livre « L’époque glorieuse des Expos », j’explique en détails pourquoi Dawson a été surévalué tout au long de sa carrière. Je ne peux évidemment copier tout ce que j’ai écrit, le document faisant plus de 300 pages. Par contre, en résumé, Dawson a toujours eu de la difficulté à maintenir une moyenne de présence sur les buts acceptable, c’est-à-dire au niveau moyen de la Ligue nationale. Pourquoi insister sur cette statistique? Parce que toutes les études sérieuses ont démontré hors de tout doute que c’est le meilleur baromètre d’évaluation d’un joueur à l’attaque! Oui, Dawson accumulait des statistiques impressionnantes, mais trop rarement acceptait-il un but sur balles, contrairement à Tim Raines. Ce dernier s’est d’ailleurs élevé comme étant le meilleur joueur des majeures pendant une période de cinq ans, soit de 1983 à 1987, au même niveau que Wade Boggs, dans la Ligue américaine.
Par contre, des éléments militent en faveur de Dawson. D’abord, selon ce que j’ai pu tirer des entrevues réalisées dans le cadre de la recherche sur mon livre, peu de joueurs ont mérité autant le respect de la part de ses pairs qu’Andre Dawson. Un professionnel jusqu’au bout des doigts, un meneur par l’exemple, qui élevait rarement la voix, mais qui pouvait le faire à l’occasion! Alors qu’il était au sommet de sa forme, Dawson était considéré comme le joueur le plus complet des majeures. À l’époque, on ne valorisait pas beaucoup la patience au bâton. Si on avait demandé à Dawson d’être plus patient, aurait-il pu s’ajuster? On ne le saura évidemment jamais. Faut-il blâmer Dawson d’avoir accumulé ses statistiques au détriment de la moyenne de présence sur les buts alors qu’on n’avait rien à foutre de cette donnée?
L’autre facteur favorisant Dawson est l’élection de Jim Rice l’an dernier. Le choix de Rice a été un des pires des dernières années. Rice était considéré comme un des frappeurs les plus puissants et les plus craints pendant près de 10 ans, du milieu des années 1970 au milieu des années 1980. Mais quand on scrute son rendement, on se rend compte qu’il a été très mais très avantageusement aidé par le Fenway Park. Dans les stades adverses, Rice était un frappeur SOUS la moyenne!! Si Rice a sa place, Dawson la mérite amplement. Quant à Raines, j’espère que son tour viendra. J’ai écrit dans un blogue précédant comment il a été dominant au milieu des années 1980, étant de loin supérieur à Ichiro Suzuki, à qui on promet déjà une place à Cooperstown.
Enfin, j’ai entendu et lu que Dawson devient le deuxième ancien joueur des Expos à être élu. Il y a eu bien sûr Gary Carter. Mais de grâce n’oubliez pas Tony Perez. Il n’a joué que trois ans à Montréal mais son passage a été crucial au sein d’une équipe talentueuse mais qui avait besoin de direction (voir mon livre encore une fois!!). De plus, Perez a eu la délicatesse d’adresser quelques mots en français lors de son discours d’intronisation! Il faudrait le reconnaître il me semble…!
mercredi 6 janvier 2010
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